Chen Qiufan (Stanley Chan)

chenqiufanNé en 1981 dans la province du Guangdong, Chen Qiufan 陈楸帆 est diplômé de la prestigieuse Université de Pékin, en langue chinoise et en cinéma, avant de travailler pour Google. Ses écrits tournent souvent autour des questions de perception, comme par exemple dans sa nouvelle « Fen » 坟 (Le Tombeau) publiée en 2004 ou encore dans son roman Shentong 深瞳 (Profonds regards) sorti en 2006. Il a reçu un prix pour sa nouvelle « Ningchuan dong ji » 宁川洞记 (Notes sur la Grotte de Ningchuan) qu’il écrivit entièrement en chinois classique.

La plupart des écrits de Chen Qiufan cache adroitement, sous forme allégorique, une critique de la modernité chinoise. Sa nouvelle « Lijiang de yu’ermen » 丽江的鱼儿们 (Les Poissons de Lijiang), sortie en 2006, déplore la marchandisation et le dépérissement d’un célèbre site touristique en Chine, extrapolant son exploitation contemporaine en un parc à thèmes futuriste dans lequel une ville autrefois dynamique est infestée par les publicités, les arnaqueurs et les jeunes cadres dynamiques cherchant à s’évader de leur travail sans saveur. L’histoire introduit l’idée, que l’on retrouve également dans les écrits de Han Song, selon laquelle l’éthique de travail de la Chine post-Mao a pris possession du sens profond du temps de ses citoyens, en proposant par exemple des services de dilatation ou de compression du temps (parfois volontaire, parfois non), et ce, afin d’améliorer la productivité ou d’étendre l’espérance de vie des dirigeants. La nouvelle « Shu nian » 鼠年 (L’Année du rat), écrite en 2009, décrit des étudiants d’université, vivant dans des logements surpeuplés, employés pour chasser des rats génétiquement modifiés (et qui évoluent très rapidement) qui se sont échappés de laboratoires dans lesquels ils étaient élevés pour être exportés à l’étranger. Derrière les questions d’évolution se cache une satire de la modernisation effrénée de la Chine, dans laquelle des étudiants ayant un haut niveau d’éducation sont parqués comme des fourmis dans des dortoirs sordides et ne sont bons qu’à chasser des rongeurs avec des lances.

huangchaoIl est déjà reconnu comme étant l’un des meilleurs auteurs chinois de science-fiction et a déjà décroché de nombreux prix littéraires chinois, dont le prix Yinhe et le prix Xingyun. Bien que Chen Qiufan soit un jeune auteur, nombre de ses écrits ont déjà été traduits en Occident, notamment en anglais (dans les magazines Clarkesworld, F&SF ou encore Lightspeed, entre autres), ce qui laisse supposer qu’il sera d’ici peu (s’il ne l’est pas déjà) l’un des principaux représentants de la science-fiction chinoise en dehors de l’Empire du Milieu.

 

Ouvrages principaux :

Shentong 深瞳 (Profonds regards)

Huang chao 荒潮 (Vague de déchets)

« Mai » 霾 (Smog)

« Shu nian » 鼠年 (L’Année du rat)

« Shazui zhi hua » 沙嘴之花 (Les Fleurs de Shazui)

« Lijiang de Yu’ermen » 丽江的鱼儿们 (Les Poissons de Lijiang)

« Mao de guihun » 猫的鬼魂 (Le Fantôme du chat)

« Wujin de gaobie » 无尽的告别 (Un Adieu sans fin)

« G daibiao nüshen » G代表女神 (G pour Goddess)

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