Histoire extrêmement brève des magazines de science-fiction chinois (1979-2013)

(Version non-scientifique)1

Auteur|Sansanfeng

1. Introduction

L’histoire de la science-fiction dans son sens actuel démarre à partir de la naissance d’un magazine, qui n’est autre que le premier magazine de science-fiction fondé en 1926 par Hugo Gernsback (1884-1967), Amazing Stories. Lors de la première période, presque tous les contenus science-fictionnels ont été publié dans des magazines de science-fiction sous forme écrite. A leur apogée, il y avait près de quarante magazines de science-fiction qui étaient simultanément distribués aux États-Unis. On peut dire que l’histoire de la science-fiction de l’âge d’or est totalement une histoire des magazines de science-fiction. Depuis les années 1960, la science-fiction occidentale a peu à peu transité vers une époque du multimédia avec les livres, le cinéma et la télévision, mais les magazines de science-fiction, en tant que plateforme pour les longues et courtes nouvelles, tient encore un rôle important.

L’origine de la science-fiction chinoise peut remonter jusqu’en 1904 avec le roman Yueqiu zhimindi xiaoshuo 月球殖民地小说 (Histoire de la colonie lunaire). Elle est passée par de nombreuses péripéties, de nombreuses apogées et de nombreux déclins, jusqu’à ces vingt dernières années où elle a enfin fait preuve d’un développement remarquable. Le premier magazine de science-fiction de Chine, Kexue Wenyi 科学文艺, vit le jour en 1979, changea par la suite de nom pour Kehuan Shijie 科幻世界 et perdura jusqu’à aujourd’hui. En tant que principal représentant des magazines de science-fiction chinois, il joua un rôle des plus importants dans le processus de renaissance et de développement de la science-fiction chinoise durant ces trente dernières années. Dans le même temps, le processus de développement de la science-fiction et des magazines de science-fiction de Hong Kong et de Taïwan s’est révélé être totalement différent.

Les magazines de science-fiction occidentaux ont déjà plus de quatre-vingt-dix ans d’histoire. Bien qu’ils soient déjà très anciens, les comptes-rendus de toutes sortes sont riches et solides, les amateurs de science-fiction et les chercheurs spécialisés ont déjà tous fait des exposés et des analyses détaillées et complètes. Parmi eux, se trouvent les trois volumes d’histoire des magazines de science-fiction de l’historien Mike Ashley (1948-). En comparaison, bien que la complétude des recherches et des analyses sur l’histoire de la science-fiction chinoise est assez précaire, peu sont ceux qui s’intéressent à l’histoire spécialisée des magazines de science-fiction chinois. Cet article tentera, en s’appuyant sur la mise en ordre du catalogue des principales revues de science-fiction chinoises, d’éclaircir de manière extrêmement succincte les traces historiques des trente-cinq années de revues de science-fiction chinoises (1979-2013), d’exposer les principaux sujets de discussion concernant l’histoire de ces revues, et de jeter les bases pour une recherche plus approfondie.

2. Analyse du concept de magazine

Analysons dans un premier temps le concept de « magazine » utilisé dans cet article. Celui-ci comprend les particularités ci-dessous : (1) une appellation ou nom identique, cette appellation doit au moins apparaître dans le titre ou le sous-titre. (2) des publications continues, en volume, numéro, tome ou ayant pour numéro le jour, le mois et l’année de publication. (3) doit être composé d’un corpus de nombreux travaux venant d’auteurs différents, et ne doit pas être un recueil d’œuvres personnelles. Selon le système d’édition du continent, il regroupe principalement les deux genres ci-dessous : le premier est un journal ou périodique qui possède un « numéro de revue unique national » [appelé CN] ; le deuxième est une publication en séries possédant un « numéro international normalisé de publication » [appelé ISSN]. Des publications en séries de revues de ce type sont souvent publiées en Occident, sous le nom de séries anthologiques originales (original anthology series), mais leur publication vient principalement de considérations commerciales. Alors qu’en Chine, la plupart du temps, les éditeurs choisissent à contrecœur cette forme politiquement risquées de publications en séries (que l’on appelle aussi « livre substitut de revue ») pour publier des revues, puisque le Bureau des publications de presse est extrêmement restrictif concernant ces « numéros de revue uniques nationaux ». D’autres fois encore, afin de répondre à un système administratif strict des numéros de revues, certains éditeurs utilisent la méthode de « location de numéro de revues » pour publier des magazines de science-fiction ; cette façon de faire comporte également des risques politiques.

Ce dont nous avons parlé ci-dessus sont les publications officielles possédant un numéro de revue ou un ISSN. Cependant, les publications non-officielles que sont les magazines de fan ou fanzines (fanzine) occupent également une place importante dans l’histoire des revues de science-fiction. La [sixième] partie de cet article se concentrera justement sur les fanzines de science-fiction chinois, qu’ils soient en version papier ou numérique.

3. Le bref âge d’or

A la fin des années 1970, la Chine tout entière reprit connaissance après les agitations. Au gré de la venue du « printemps de la science », la science-fiction chinoise entra elle aussi dans sa « deuxième apogée » (la première apogée étant reconnue comme apparaissant dans les années 1950). Le premier magazine de science-fiction chinoise (ou d’art et littérature scientifiques) naquit lui aussi durant cette période. En 1979, Kexue Wenyi 科学文艺 fut fondé au Sichuan, et Kexue Shidai 科学时代 dans la province du Heilongjiang. En 1980, Kexue Wenyi Yicong 科学文艺译丛 fut fondé au Jiangsu. En 1981, Kehuan Haiyang 科幻海洋 fut fondé à Pékin, Zhihui Shu 智慧树 à Tianjin, et Zhongguo Kehuan Xiaoshuo Bao 中国科幻小说报 au Heilongjiang. Ce qu’il y a d’intéressant, c’est qu’en 1982, la maison d’édition Beijing Kepu fonda un nouveau magazine, Kehuan Shijie : Kexue Huanxiang Zuopin Xuankan 科幻世界:科学幻想作品选刊, qui publia trois numéros en quatre mois. Ce magazine ne sélectionnait que les ouvrages de science-fiction déjà publiés dans les revues de tout le pays, ce qui en fait un périodique sélectif assez rare.

Cette riche collection de revues de science-fiction (ainsi que les magazines de vulgarisation scientifique Women Ai Kexue 我们爱科学, Kexue Huabao 科学画报, et Shaonian Kexue 少年科学) ont procuré à la création de science-fiction une vaste plateforme. D’après les statistiques de Ye Yonglie 叶永烈 (1940-), rien qu’en 1981, plus de trois cents romans de science-fiction furent publiés dans tout le pays, ce qui est un chiffre sans précédent (et probablement comme on n’en verra plus). Les tirages de revues de science-fiction augmentèrent aussi successivement, comme par exemple Kexue Wenyi qui, en 1980, arriva à un tirage de deux cents mille unités par numéro. Cependant, le débat qui commença en 1982 pour savoir si « la science-fiction se nommait science ou se nommait littérature » couvrit d’ombres son développement. Et en 1983, le mouvement national de « Campagne Anti-Pollution Spirituelle » asséna le coup fatal à la science-fiction. En 1982, après neuf numéros pilotes, Zhongguo Kehuan Xiaoshuo Bao n’a finalement pas pu être publié officiellement, Kehuan Shijie s’est arrêté après trois numéros, Kehuan Yilin prit fin prématurément sans pouvoir être publié. En 1983, Kehuan Haiyang et Kexue Wenyi Yicong stoppèrent successivement leur publication. Kexue Shidai et Zhihui Shu arrêtèrent respectivement en 1984 et 1985. Pour un moment, la science-fiction chinoise entra dans un mutisme le plus total, seule la revue de science-fiction Kexue Wenyi subsistait. Aussi subite que fut sa montée en puissance, aussi brutale fut sa mort. La deuxième apogée de science-fiction chinoise — qui n’est autre que le premier « âge d’or » des revues de science-fiction chinoise — prit donc fin soudainement.

4. Le fort pilier Kehuan Shijie

Après la Campagne Anti-Pollution Spirituelle, le monde de la science-fiction chinois se trouve en pleine dépression, la revue sichuanaise Kexue Wenyi devînt la seule qui survécut. Puisque ces revues ont perdu le soutien du gouvernement, elles n’eurent plus qu’à assumer elles-mêmes leurs éventuelles pertes et leurs éventuels profits, et furent aussi victimes de la fuite d’un grand nombre d’auteurs et de lecteurs, étant donc réduites à continuer difficilement leur entreprise. Au moment le plus difficile, Kexue Wenyi ne tirait qu’un peu plus de sept cents unités à chacun de ses numéros, et il changea même son nom en 1989 pour Qitan 奇谈, et ce afin de tenter de subsister. En 1991, la revue changea une nouvelle fois de nom pour Kehuan Shijie 科幻世界, et organisa également avec succès la session annuelle de l’Organisation Mondiale de Science-fiction (WSF), obtenant ainsi le prix de la WSF du meilleur périodique de science-fiction. Ce millésime devînt aussi l’année de la réapparition en Chine de la science-fiction et des revues de science-fiction chinoises. En faisant des lycéens son principal lectorat, Kehuan Shijie se réalignait et se repositionnait. En même temps, la maison d’édition de la revue consacrait ses efforts dans l’édification d’une équipe d’auteurs, ce qui donna naissance à une nouvelle génération d’auteurs de science-fiction composée notamment de Wang Jinkang 王晋康 (1948-), Xing He 星河 (1967-), Han Song 韩松 (1965-) ou encore He Hong 何宏. En 1997, Kehuan Shijie organisa avec succès à le Congrès International de Science-fiction de Pékin, ce qui marqua l’arrivée de la troisième apogée de la science-fiction chinoise.

Depuis sa révision en 1993, le tirage de Kehuan Shijie s’accrut à grande vitesse. Le tirage mensuel de l’année 1993 s’élevait à trente-deux mille copies, celui de 1995 à cent cinquante-huit mille, celui de 1997 à deux cent dix mille, et celui de 1998 à deux cent trente-six mille copies. En 2000, le tirage atteignit une moyenne de trois cent soixante-et-un mille copies mensuelles, qui est un chiffre qui peut probablement s’inscrire au Guinness Book des records dans la catégorie du « plus grand nombre de tirages pour un magazine de science-fiction ». De 2001 à 2004, son tirage s’est toujours maintenu au-dessus des trois cents mille copies mensuelles. Dès lors, et en raison de diverses causes objectives et subjectives, le tirage de Kehuan Shijie s’abaissa, atteignant en 2013 une moyenne d’environ cent mille copies.

Après l’amélioration de la situation commerciale, la maison d’édition de la revue Kehuan Shijie prit une série de mesures de développement. L’un d’elles était de profiter de sa propre prédominance pour fonder de nombreuses revues dérivées de science-fiction, comprenant notamment la revue de bandes-dessinées de science-fiction pour enfants Kehuan Shijie Huakan 科幻世界画刊 (1996-2001, 2005), la revue Kehuan Shijie Jingqi Dang’an 科幻世界惊奇档案 (2000-2004), la revue de science-fiction pour enfants Fei – Kehuan Shijie Shaoerban 飞·科幻世界少儿版 (2001-2003), la revue de traductions de science-fiction Kehuan Shijie – Yiwenban 科幻世界·译文版 (1999 à aujourd’hui), ainsi que la revue de fantasy Fei – Qihuan Shijie 飞·奇幻世界 (2003-2013). Ces revues apparaissaient et disparaissaient les unes après les autres, orbitant autour du vaisseau amiral qu’était Kehuan Shijie, formant ainsi un groupe de revues de science-fiction considérable. D’après les estimations, sur le marché chinois des périodiques de l’imaginaire, et plus particulièrement sur le marché des grandes et moyennes villes, le groupes de revues de Kehuan Shijie conservait de manière constante plus de 95% des parts de marché.

Mis à part les revues dérivées, la maison d’édition de Kehuan Shijie explora aussi activement le marché des livres de science-fiction, et démarra officiellement en 2003 le « Programme Vision »2, Shiye Gongcheng 视野工程, concernant les livres de science-fiction chinois, en sortant successivement les cinq grandes collections que sont la « collection des grand maîtres de la science-fiction mondiale », la « collection de la science-fiction populaire », la « collection des grands maîtres de fantasy mondiale », la « collection de la base de la science-fiction chinoise » et la « collection de la fantasy chinoise ». Jusqu’en 2013, le « Programme Vision » avait déjà publié près de trois cents livres de science-fiction et de fantasy. Concomitamment, la maison d’édition continuait toujours d’organiser le « Prix de science-fiction chinois Voie Lactée [Prix Yinhe] » fondé en 1985. Bien que ce prix ne soit essentiellement qu’un prix des écrits recueillis dans la revue, la longue place hégémonique de Kehuan Shijie conféra au prix Yinhe, et ce durant une longue période, le titre de plus haute distinction de science-fiction chinoise.

Fonder un groupe de revues de science-fiction, lancer l’ingénierie du livre, organiser des prix et des activités annexes, former un groupe d’auteurs et de lecteurs : en étant sur plusieurs fronts à la fois, Kehuan Shijie, d’une revue de science-fiction, se développa en une marque, une bannière, une base. Pendant un long moment, un signe d’égalité pouvait quasiment être tracé entre la science-fiction chinoise et Kehuan Shijie. Malgré l’existence de divers problèmes (comme par exemple les problèmes d’ordre systémique exposés par l’événement du renversement du directeur3), le rôle de solides piliers qu’endossèrent la revue Kehuan Shijie et sa maison d’édition durant ces vingt dernières années de résurrection de la science-fiction chinoise est bien au-delà de tout ce que pourrait aborder toute dithyrambe.

5. Magazine de science-fiction d’autres spécialités

Les résultats obtenus par Kehuan Shijie ont poussé les gens à voir le potentiel commercial de la science-fiction. Alors, au milieu des années 1990 commença la fondation successive de nouveaux magazines de science-fiction d’une nouvelle spécialité, de façon à ce que le marché des magazines de science-fiction ne soit plus un champ où une seule fleur soit autorisée à s’épanouir. Malgré le fait que ces magazines ne purent en aucune façon ébranler la place hégémonique de Kehuan Shijie, la plupart s’évanouissant même aussitôt apparus, ils ont cependant apporté leur modeste contribution à la science-fiction chinoise.

En 1994, l’Association Scientifique du Shanxi fonda le magazine Kehuan Dawang 科幻大王. Son contenu était, dans ses trois première années, purement orienté vers les bandes-dessinées de science-fiction pour enfants, et ce n’est qu’après que celui-ci bifurqua vers une combinaison de bandes-dessinées et de romans de science-fiction, pour petit à petit mettre l’accent sur les romans de science-fiction. En comparaison avec Kehuan Shijie, le lectorat de Kehuan Dawang à ses débuts était plus jeune. En 2008, Kehuan Dawang subit une grosse révision, et se vit rebaptisé en 2011 sous le nom de Xin Kehuan 新科幻, le style de ce nouveau format n’étant pas très différent de celui de Kehuan Shijie, et la qualité du magazine pouvant rivaliser avec celui-ci. Cependant, en raison de problèmes de diffusion, Kehuan Dawang n’a jamais pu dépasser sa nature régionale et rayonner sur le pays tout entier, son tirage le plus haut ne s’élevant donc qu’à quelques dizaines de milliers de copies mensuelles. En 2008, une moyenne de douze mille copies de Kehuan Dawang furent imprimées par numéro ; en 2001, subissant le contrecoup de son changement de nom, son tirage chuta jusqu’à environ quatre mille copies mensuelles. Depuis sa création en 1994 jusqu’à aujourd’hui, ce magazine n’a jamais interrompu sa publication et a déjà publié 218 numéros. Il continue qui plus est de se maintenir et est celui qui a accompagné Kehuan Shijie ces vingt dernières années.

En 2004, la maison d’édition Fujian Renmin fonda Shijie Kehuan Bolan 世界科幻博览, revue de science-fiction ayant pour ligne directrice les « extraits des créations de première qualité » ; ce qui fait que sa particularité réside dans une proportion de traductions relativement élevée, même si la proportion d’œuvres originales a par la suite augmenté. Ce qu’il y a de regrettable, c’est qu’après trois années d’efforts, Shijie Kehuan Bolan dût stopper sa publication en 2007, et ce encore en raison d’un problème de tirage insuffisant pour parvenir au seuil de rentabilité. Mis à part lui, les revues de science-fiction spécialisées éphémères comprennent encore dans leurs rangs le magazine Kehuan Haiyang 科幻海洋 republié en 2000 par la maison d’édition Haiyang (qui cessa après trois volumes) ; la revue Kehuan Shikong 科幻时空 (qui peut être considéré comme la republication de Zhihui Shu 智慧树) fondée en 1999 par la maison d’édition Xinlei (qui stoppa après deux volumes), ainsi que le magazine Kehuan – Wenxue Xiu 科幻·文学秀 fondé en 2004-2005 par l’entreprise Guangzhou Manyou (qui stoppa après douze numéros).

Pour résumer, les années les plus prospères des magazines de science-fiction chinois des vingt dernières années sont apparues dans la première moitié de la décennie 2000 (2000-2005). Durant ces quelques années, Kehuan Shijie s’est hissé jusqu’au sommet des tirages, a fondé de nombreuses revues dérivées, et a amassé beaucoup d’argent. Les autres maisons d’édition, voyant cette opportunité commerciale, se sont empressées de le suivre, certains pour réaliser des investissements à court-terme, d’autres poursuivant de nobles idéaux. A leur apogée, il y avait près de dix revues de science-fiction spécialisées en même temps sur le marché, une telle prospérité et popularité peut probablement se comparer à l’« âge d’or » du début des années 1980.

Cependant, le sommet une fois atteint, la suite n’est qu’une pente escarpée. D’un côté, sous l’ère d’internet, le déclin du marché des magazines représente une tendance générale ; d’un autre côté, la science-fiction a aussi fait face à la concurrence violente de genres frères tels que la fantasy et l’« occulte-fiction », xuanhuan 玄幻4. Mais, pour revenir à nos moutons, le dépérissement du marché des magazines de science-fiction ne signifie pas du tout le déclin de la science-fiction chinoise. En 2011, la série des San ti 三体 (Les Trois corps) de Liu Cixin 刘慈欣 (1963-) explose sur le marché du livre, ce qui peut être vu comme le signe de la venue de l’ère des longs romans dans la science-fiction chinoise. Sur plusieurs points, il est probable que les revues de science-fiction chinoises aient déjà accompli leur plus importante mission historique.

6. Les magazines d’amateurs de science-fiction

Qui dit science-fiction dit amateurs de science-fiction ; qui dit amateurs de science-fiction dit fanzines de science-fiction. Les amateurs de science-fiction américains des années 1930 ont eux-mêmes crée des magazines non-spécialisés afin d’échanger entre personnes ayant une même passion ; c’est ainsi qu’est né le mot fanzine. Le premier groupe d’amateurs de science-fiction historiquement enregistré en Chine est le Club des enseignants amateurs de science-fiction du département d’anglais de l’Institut des langues étrangères de Shanghai [Shanghai waiguoyu xueyuan yingwen xi jiaoshi kehuanmi julebu 上海外国语学院英文系教师科幻迷俱乐部] fondé en 1980 et présidé par le professeur Qin Xiaomeng 秦小孟. En 1981, des instituts de recherches sur la science-fiction furent successivement fondés à Canton, Harbin, Chengdu et au Liaoning. L’institut de recherches sur la science-fiction de Harbin représentait la principale force du groupe d’édition et de création du journal Zhongguo Kehuan Xiaoshuo Bao 中国科幻小说报. Cependant, nous ne pouvons pas qualifier le Zhongguo Kehuan Xiaoshuo Bao de fanzine, mais plutôt de journal spécialisé sur la science-fiction à émission étendue.

La création du premier fanzine de science-fiction de Chine remonte en 1989 avec la fondation de Xingyun 星云. A cette époque, Yao Haijun 姚海军, qui travaillait encore dans une station forestière de la ville de Yichun, a fabriqué le premier numéro de Xingyun à l’aide d’un stencil et d’une machine miméographique. Le contenu principal de cette revue est constitué d’informations, de critiques, de théories et de réponses ayant trait à la science-fiction, mais pas de romans. En 1993, Wu Yan 吴岩 (1962-) se rendit aux États-Unis pour participer au Congrès Mondial de la Science-fiction, et emporta avec lui Xingyun pour l’exposer en tant que « l’unique fanzine de science-fiction chinois ». Nous pouvons dire que Xingyun a permis aux auteurs, aux lecteurs, aux chercheurs, aux éditeurs et aux maisons d’édition d’établir des liens qui faisaient cruellement défaut à l’époque, « formant ainsi une force de cohésion, et favorisant indirectement la formation du cercle chinois de la science-fiction ». Plus de dix années d’efforts changèrent également le destin de Yao Haijun, le faisant passer du statut d’ouvrier dans une station forestière à celui d’éditeur du plus grand fanzine spécialisé sur la science-fiction de Chine. Xingyun fut active de 1989 à 2007, avec un total de quarante numéros, et est encore aujourd’hui la revue d’amateurs de science-fiction à la plus longue longévité et ayant publié le plus de numéros.

Au milieu des années 1990, en raison de la recrudescence de la popularité de la science-fiction, le nombre d’amateurs de science-fiction s’accrut fortement. Ce qu’il faut savoir, c’est que la planète isolée qu’était la science-fiction avait un besoin urgent de communiquer, et il n’y avait qui plus est pas d’internet à cette époque, c’est pourquoi toutes sortes de groupes et d’amicales d’amateurs de science-fiction surgirent à ce moment-là, des fanzines de science-fiction éclosant de partout dans une grande animation. Il y avait Lifang Guangnian 立方光年 à Pékin, Chaoxinxing 超新星 à Tianjin, Yinhe 银河 édité par Fan Lin 范霖 à Zhengzhou, Shangtian Ti 上天梯 édité par Xu Jiulong 徐久隆 (1946-) à Chengdu, Dishi Hao Xingxing 第十号行星 et TNT édités par Wang Lunan 王鲁南 au Shandong, Yuzhou Feng 宇宙风 édité par Ceng Deqiang 曾德强 et Zhou Yukun 周宇坤 (1976-), ou encore Kehuan Xiaopin 科幻小品 édité par Liu Xianghui 刘相辉 au Henan. La maison d’édition de Kehuan Shijie fonda également une revue collective officielle — le journal du Club des amateurs de science-fiction Yidu Kongjian 异度空间. Pour les lecteurs qui sont intéressés par ces détails, vous devez absolument lire l’article récapitulatif de Lü Zhe 吕哲 (1982-), « Naxie nian women yiqi kan de kehuan tongren kan » 那些年我们一起看的科幻同人刊 (Les revues collectives de science-fiction que nous lisons ensemble ces dernières années).

Les fanzines de science-fiction susmentionnés ont tous émergé à une période donnée afin de répondre à une vague d’enthousiasme pour la science-fiction, la plupart ont d’ailleurs disparu au bout d’un ou deux ans, suivant l’ère d’internet, étant remplacés par de nombreux sites et magazines en ligne ayant pour thème la science-fiction. En 1998, des amateurs de science-fiction étant devenus relativement tôt des férus du web formèrent l’« Association chinoise de science-fiction en ligne » [Zhonghua wangshang kehuan xiehui 中华网上科幻协会], qui fut à l’origine du premier fanzine de science-fiction en ligne au format HTML, Cangqiong Huoyan 苍穹火焰, avec un total de sept numéros. Une fois entré dans le nouveau siècle, encore plus de fanzines de science-fiction électroniques apparurent sur la toile, comme par exemple Huan Xiang 幻翔, Bianyuan 边缘, Huan Dong 幻动, Xin Huanjie 新幻界, Daduhui Kehuan Pinglun 大都会科幻评论, Zhongguo Xin Kehuan 中国新科幻, Xinchen Kehuan 新尘科幻, Yixiang Zazhi 异想杂志, Kehuan Wenhui 科幻文汇 ou encore Xiao Kehuan 小科幻. Ces nombreux fanzines de science-fiction, bien qu’ils soient de contenu et de forme divers, et aient généralement tous fait preuve d’une vitalité passagère, possédaient cependant une force irrésistible, s’élevant les uns après les autres et faisant preuve d’une variété remarquable, formant ensemble le cyber-carnaval des amateurs de science-fiction du nouveau siècle.

Nous n’avons d’autres choix que de mentionner tout spécialement Xin Huanjie. Xin Huanjie fut fondé en 2009 par un groupe d’amateurs de science-fiction populaire. Sous la ligne directrice de propagation des littératures de l’imaginaire, ce magazine publia, outre des traductions et des versions originales de romans de science-fiction et de fantasy, des rubriques de critiques, d’informations, d’interviews, ainsi que des illustrations et des couvertures joliment travaillées, et même, de manière irrégulière, des romans audios. Au moment de son arrêt de publication en avril 2013, ce magazine électronique gratuit avait déjà perduré durant trente-deux numéros. Mis à part l’édition et la publication du magazine, la compagnie d’édition de Xin Huanjie a aussi pris part à de nombreux projets populaires, y compris la fabrication, grâce aux souscriptions des internautes, de deux recueils anniversaires d’extraits choisis (publications non-officielles), l’édition des suppléments de romans courts Xin Huanjie – Jingxiang 新幻界·镜像 et Xin Huanjie – Anhunshi 新幻界·安魂师 (publié par la maison d’édition Sichuan Renmin), et l’organisation du Grand Concours d’écrits de littératures de l’imaginaire. Du fait de sa grande activité et de ses remarquables contributions, Xin Huanjie a plusieurs fois été nommé pour le prix d’honneur du Prix Nébuleuse [Prix Xingyun, Xingyun jiang 星云奖] et du Prix Ciel Étoilé [Prix Xingkong, Xingkong jiang 星空奖], prouvant avec mérite qu’il fut marquant pour la nouvelle ère des fanzines de science-fiction.

En comparaison avec les revues spécialisées faisant fréquemment des dizaines ou des centaines de milliers de tirages sur le marché, les fanzines de science-fiction passent presque inaperçus. Mais de Xingyun à Xin Huanjie, plus de vingt années d’histoire ont déjà indiqué que les fanzines de science-fiction chinois ont, quoiqu’il en soit, joué un rôle absolument non-négligeable dans la formation d’associations d’amateurs de science-fiction et dans la cohésion de communautés de science-fiction

7. Les magazines de science-fiction de notre époque

Nous avions parlé d’une histoire extrêmement brève, mais arrivé ici nous comptons déjà plus de huit mille caractères. Cependant, comment ces petits huit mille caractères peuvent-ils parler complètement des diverses péripéties qui ont rythmé la vie des magazines de science-fiction en langue chinoise ? […] Cette brève histoire de huit mille caractères ne peut que dépeindre les grandes lignes des trente-cinq années d’histoire des magazines de science-fiction en langue chinoise. Du fait de la limite de longueur du texte, de nombreuses questions n’ont pas été abordées. Comme par exemple l’apparition de la science-fiction dans les revues de vulgarisation scientifique (telles que Aomiao 奥妙 et Zhishi Jiushi Liliang 知识就是力量), les revues de littérature pour enfants (telles que Ertong Wenxue 儿童文学), les revues de littérature populaire (telles que Jingu Chuanqi 今古传奇), ou encore dans les revues de jeux vidéos et logiciels informatiques (telles que Dazhong Ruanjian 大众软件), ainsi que le lien qu’elles entretiennent avec les revues de science-fiction. Ou bien encore par exemple l’évolution du marché des périodiques jeunesses et son influence sur les revues de science-fiction, ainsi que l’histoire et les perspectives de développement des revues de science-fiction pour adultes, etc… De telles questions attendrons une étude plus approfondie.

Je pense qu’après avoir eu une meilleure compréhension de l’histoire des magazines de science-fiction chinois, la question que tout le monde se pose est certainement — et ensuite ? — dans quelle voie se dirige l’avenir des magazines de science-fiction chinois ? Et comment l’ère d’internet et des lectures électroniques changera-t-elle les magazines de science-fiction ? Dans la vague imminente du cinéma de science-fiction, comment les magazines de science-fiction trouveront-ils leur place dans la chaîne de cette industrie ? Pour dire vrai, ces questions n’ont pour le moment pas de réponses claires. Il existe trop de facteurs d’incertitude qui se mêlent à tout ça, les expériences fournies par l’histoire nous sont de loin insuffisantes, la singularité de la science est justement la singularité de la science-fiction et des revues de science-fiction. J’ai écrit auparavant l’article « Women zhege shidai de kehuan zhongduanpian yuedu » 我们这个时代的科幻中短篇阅读 (Nos lectures de nouvelles et romans courts de science-fiction de cette époque), tentant, sur la base d’analyses de quelques plateformes de diffusion en ligne semi-professionnelles de science-fiction jeunes et montantes, de réfléchir aux divers changements pouvant s’opérer sur les lectures de nouvelles et de romans courts dans la science-fiction de cette ère changeante. J’avais mentionné dans cet article les plateformes — Guoke Wang Wei Kehuan Pindao 果壳网微科幻频道, Kedou Wuxianpu Wang 蝌蚪五线谱网, « Jixiaozhi Minimum » 极小值 Minimum, « Jiuzhou Huanxiang – Jiuge » 九州幻想·九哥, « Buzhou BUTJOY »不周BUTJOY, et Kehuan Xingyun Wang 科幻星云网 — qui sont, d’après moi, les embryons et les précurseurs des revues de science-fiction de l’ère future. Malgré le fait qu’ils viennent tout juste de naître, malgré le fait que la plupart doit faire face à une fin prématurée (certains ont en réalité déjà pris fin prématurément), il est cependant très probable qu’ils représentent l’espoir et la direction futurs.

Quand nous regardons en arrière, pourquoi les amateurs de science-fiction ne cessent de penser aux magazines de science-fiction ? Certains les achètent, certains les lisent, certains s’en plaignent, certains y envoient leurs écrits, et certains encore en éditent. Puisque c’est un endroit où l’on développe son imagination, où l’on se retrouve entre amis, où l’on met à l’épreuve son art, où commencent les rêves.

Documents de référence (succinct)

Appendice : index simplifié des principaux magazines de science-fiction chinois (1979-2013)

(1) Kehuan Shijie 科幻世界 : fondé en 1979 sous le nom Kexue Wenyi 科学文艺. Rebaptisé en 1989 sous le nom de Qitan 奇谈. Adopta en 1991 le nom de Kehuan Shijie, et ce jusqu’à aujourd’hui. A publié, jusqu’à 2013, un total de 331 numéros.

(2) Kehuan Haiyang 科幻海洋 : magazine de science-fiction de grande envergure, géré par la maison d’édition Haiyang. Fondé en 1981, stoppé en 1983, republié en 2000 et de nouveau stoppé en 2001, avec un total de neuf numéros.

(3) Zhihui Shu 智慧树 : revue bimensuelle d’art et de littérature scientifiques pour jeunes, gérée par la maison d’édition Tianjin Xinlei. Active de 1981 à 1985, avec un total de trente numéros.

(4) Kexue Shidai 科学时代 : revue bimensuelle d’art et de littérature scientifique, gérée par l’Association d’Écrivains de Vulgarisation Scientifique du Heilongjiang. Active de 1979 à 1984, avec un total de trente-deux numéros.

(5) Kehuan Shijie : Kexue Huanxiang Zuopin Xuankan 科幻世界:科学幻想作品选刊 : revue d’extraits de romans de science-fiction, gérée par la maison d’édition Kepu. Active en 1982, avec un total de trois numéros.

(6) Kexue Wenyi Yicong 科学文艺译丛 : revue de traductions de science-fiction, gérée par la maison d’édition Jiangsu Keji. Active de 1980 à 1983, avec un total de sept numéros.

(7) Zhongguo Kehuan Xiaoshuo Bao 中国科幻小说报 : Journal de science-fiction, géré par l’Association Scientifique de Harbin. Active en 1981 avec la publication de neuf numéros pilotes, n’a jamais pu obtenir l’autorisation de publication officielle.

(8) Xin Kehuan 新科幻 : géré par l’Association Scientifique du Shanxi. Fondé en 1994 sous le nom de Kehuan Dawang 科幻大王, rebaptisé en 2011 sous le nom de Xin Kehuan – Wenxueban 新科幻•文学版, et ce jusqu’à aujourd’hui. En 2013 comptait 218 numéros à son actif.

(9) Shijie Kehuan Bolan 世界科幻博览 : gérée par la maison d’édition Fujian Renmin, active de 2004 à 2007, avec un total de trente-huit numéros.

(10) Kehuan – Wenxue Xiu 科幻•文学秀 : gérée par l’entreprise Guangzhou Manyou, active de 2004 à 2005, avec un total de douze numéros.

(11) Kehuan Shijie Jingqi Dang’an 科幻世界惊奇档案 : magazine d’illustrations et d’écrits de l’imaginaire, actif de 2000 à 2004, avec un total de quarante-et-un numéros.

(12) Kehuan Shijie Huakan 科幻世界画刊 : magazine de bandes-dessinées de science-fiction pour enfants, actif de 1996 à 2001, et republié en 2005, avec un total de quatre-vingt-six numéros.

(13) Fei – Kehuan Shijie Shaonianban 飞•科幻世界少年版 : magazine de science-fiction pour enfants, actif de 2001 à 2003, avec un total de trente-six numéros.

(14) Kehuan Shijie Yiwenban 科幻世界译文版 : revue de traductions de science-fiction et de fantasy. Commença sa publication sous forme de supplément de magazine de science-fiction, et ne fut officiellement publiée de manière régulière qu’en 2005. Elle compte au total, jusqu’à aujourd’hui, 131 numéros.

(15) Fei – Qihuan Shijie 飞•奇幻世界 : magazine de fantasy. Actif de 2003 à 2013, avec un total de 109 numéros.

(16) Jiuzhou Huanxiang 九州幻想 : magazine de fantastique, géré par l’entreprise Jiuzhou Shijie, actif de 2005 à 2012, avec un total de soixante-et-un numéros. Devînt en 2013 un magazine numérique.

(17) Jingu Chuanqi – Qihuanban 今古传奇•奇幻版 : revue de fantasy, géré par le groupe Hubei Jingu, active de 2003 à 2012, avec un total de 234 numéros.

(18) Huanxiang Zongheng 幻想纵横 : revue de fantastique, originellement baptisée Huanxiang 1+1 幻想1+1, active de 2006 à 2008, avec un total de dix-huit numéros.

(19) Jiuzhou Zhi 九州志 : magazine en séries de fantasy, géré par le groupe Hubei Zhiyin, fondé en 2007, avec un total de quarante-quatre numéros fin 2013.

(20) A Fei Huanxiang 阿飞幻想 : magazine de fantastique, actif de 2010 à 2011, avec un total de quatre numéros.

(21) Xingyun 星云 : le premier fanzine de science-fiction, géré par Yao Haijun 姚海军, actif de 1989 à 2007, avec un total de quarante numéros (comprenant un supplément).

(22) Lifang Guangnian 立方光年 : fanzine de science-fiction géré par le groupe de fans de science-fiction de Pékin. Actif de 1995 à 1997, avec un total de sept numéros.

(23) Cangqiong Huoyan 苍穹火焰 : premier web-fanzine de science-fiction. Actif de 1998 à 1999, avec un total de sept numéros.

(24) Bianyuan 边缘 : fanzine de science-fiction principalement axé sur la critique, actif de 2005 à 2006, avec un total de trois numéros.

(25) Xin Huanjie 新幻界 : fanzine de science-fiction électronique réputé. Actif de 2009 à 2013, avec un total de trente-deux numéros.

(26) Zhongguo Kehuan Yanjiu 中国科幻研究 : magazine théorique de science-fiction non-officiel, édité par Wu Yan 吴岩 (1962-), avec à l’heure actuelle un total de deux numéros.

(27) Feidie yu Kehuan 飞碟与科幻 : le premier magazine de science-fiction taïwanais, édité par Huang Hai 黄海 (1943-). Fondé en 1980, avec un total de quatre numéros.

(28) Kehuan Wenxue 科幻文学 : l’un des premiers magazines de science-fiction taïwanais, édité par Zhang Zhijie 张之杰. Fondé en 1981, avec seulement un numéro à son actif.

(29) Huanxiang 幻象 : revue de science-fiction taïwanaise, éditée par Zhang Xiguo 张系国 (1944-). Active de 1990 à 1993, avec un total de huit numéros.

(30) Kexue yu Kehuan Congkan 科学与科幻丛刊 : revue de science-fiction hongkongaise, gérée par la maison d’édition Sanlian, éditée par Du Jian 杜渐 (1935-). Fondée en 1991, avec un total de quatre numéros.

(31) Keke Shiji 科科世纪 : magazine mensuel hongkongais de science-fiction pour jeunes, géré par la maison d’édition Weilai, subventionné par le Bureau de Développement Artistique de Hong Kong. Actif de 2002 à 2003, avec un total de douze numéros.


(1) La présente version a été réduite, puisque deux parties ont été éliminées, celle sur la montée des magazines de fantasy, et celle sur les magazines hongkongais et taïwanais, puisqu’elles ne concernaient pas le sujet principal de ce blog, à savoir : la littérature de science-fiction de Chine continentale. Vous trouverez cependant en appendice la liste de toutes les revues citées par l’article original, incluant donc celles de fantasy, de Hong Kong et de Taïwan.

(2) Afin que l’imagination du peuple « marche avec son temps », afin de créer une marque déposée pour les livres de science-fiction chinois, le magazine Kehuan Shijie et la maison d’édition Sichuan Kexue Jishu collaborèrent pour lancer en 2003 le « Programme Vision » de la science-fiction chinoise. Les trois grandes collections piliers de ce programme citées dans le texte ont suscité une nouvelle vague d’enthousiasme pour la science-fiction à l’aide d’une large campagne publicitaire utilisant des médias tels que les magazines et les sites en ligne.

(3) Le 21 mars 2010 est publié sur le forum Douban le billet « Kehuan Shijie zhi quanguo huanmi gongkaixin, rang baofengyu lai de geng menglie xie ba ! » 科幻世界致全国幻迷公开信,让暴风雨来得更猛烈些吧! (Lettre ouverte de Kehuan Shijie aux fans de l’imaginaire de tout le pays, faites que la tempête soit encore plus violente !) signé par le « personnel complet de Kehuan Shijie ». Cette lettre ouverte met en doute le directeur et chef éditeur Li Chang 李昶 (1957-), remettant notamment en question sept aspects, dont la gestion de l’édition, l’organisation de la revue, et la violation des règles d’édition de revues. Elle « exigeait la révocation du camarade Li Chang de toutes ses fonctions dans la revue, et la réouverture d’une élection publique pour un nouveau dirigeant ». Après la publication du billet, celui-ci devînt un événement très populaire sur le net.

(4) L’« occulte-fiction » est un genre romanesque qui est surtout populaire dans la culture internet et qui utilise des facteurs néotaoïstes, mettant surtout l’emphase sur la pensée taoïste, sur la divination du Yijing, les légendes populaires, les phénomènes surnaturels, et les sciences occultes.

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