Chi Shuchang

Gediao bizi de daxiangChi Shuchang 迟叔昌 (1922-1997), auteur chinois et traducteur du japonais, mémorable aujourd’hui pour un écrit ayant capté l’esprit du Grand Bond en Avant dans les années 1950. Né dans le Nord-Est de la Chine peu avant que celui-ci tombe sous l’emprise de l’état fantoche « Mandchou » japonais, Chi Shuchang étudia l’Économie à l’Université de Keiō au Japon, avant de retourner en Chine nouvellement communiste. En 1955, Chi Shuchang occupa le poste de copieur dans un département d’édition. Quand il eut à recopier la traduction des œuvres de Jules Verne, il fut séduit par leur charme, et s’essaya à la création littéraire de science-fiction, et commença à publier de la littérature de science-fiction ainsi que des traductions, jusqu’à devenir un écrivain professionnel. Il devint l’un des premiers « popularisateurs scientifiques », écrivant de la science-fiction pour enfant qui cherchait à éduquer les masses à propos des nouvelles avancées, ou des possibles avancées de la science et des technologies. Son écrit le plus fameux est Ershi shiji de Zhubajie 二十世纪的猪八戒 (Le Zhu Bajie du XXe siècle), par la suite revu et corrigé avec l’aide de son éditeur Ye Zhishan sous sa forme la plus célèbre et durable, Gediao bizi de daxiang 割掉鼻子的大象 (Les Éléphants à la trompe coupée), dans lequel les créatures en titre, découverts dans une installation de recherches d’un proche avenir dans le Désert de Gobi, sont dévoilés comme étant des porcs géants, crées par une reproduction sélective et une irradiation de l’hypophyse.

Affiche de propagande

Le texte de Chi Shuchang semble lié à une affiche de propagande de 1958, représentant deux humains chevauchant un cochon géant, et clamant « un gros cochon est comme un éléphant avec un nez plus court, qui peut nourrir tous les habitants du village pour la moitié de l’année » (Feizhu sai daxiang, zhishi bizi duan. Quanshe sha yi kou, zugou chi bannian 肥猪赛大象,只是鼻子短。全社杀一口,足够吃半年). Prenant une telle licence artistique au pied de la lettre dans une histoire exsudant à la fois l’exubérance utopique et un sentiment de malaise sinistre. Au moment de sa publication, il fut glorifier comme un écrit d’aspiration patriotique. Un demi-siècle plus tard, il est toujours considéré comme un classique de cette période pour des raisons totalement différentes, considéré comme un écrit d’un gigantisme bercé d’illusions entièrement en accord avec les convictions du président Mao, d’après lesquelles la production de nourriture allait s’accroître exponentiellement avec la bonne application du contrôle d’État. Durant les expériences agricoles et macro-structurelles du Grand Bond en Avant de 1958 à 1961, la famine, les agitations et les conflits sur les ressources dans une Chine affamée ont coûté la vie à plus de 40 millions de personnes, repositionnant ainsi le roman comme étant une histoire d’un désastre, ayant pour héro un scientifique fou.

La Révolution Culturelle de 1966 à 1976 mit fin à la carrière artistique de Chi Shuchang, lequel passa quelques temps comme ouvrier de démolition. Lorsque la situation politique se dégela, il fit appel à ses contacts japonais, écrivit un livre de recettes chinoises en japonais et édita un dictionnaire de phytothérapie chinoise en japonais, pour finalement retourner à l’Université de Keiō en tant que professeur. En tant que traducteur du japonais, Chi Shuchang publia des versions chinoises des écrits de Takiji Kobayashi (1903-1933), parmi d’autres. Sa femme, Wang Wei, était une traductrice russe, spécialisée dans les travaux de Mikhail Ilin (1896-1953). A la fin de sa vie, Chi Shuchang prospérait grâce à ses contacts japonais et ses compétences, devenant le conseiller chinois en chef du géant de l’électronique japonais Sony.

Ses œuvres principales :

Gediao bizi de daxiang 割掉鼻子的大象 (Les éléphants à la trompe coupée)
Dajing muchang 大鲸牧场 (La ferme d’élevage de la grande baleine)
Sanhao youyong xuanshou de mimi 三号游泳选手的秘密 (Le secret du nageur numéro 3)
Qisi huisheng de shouzhang 起死回生的手杖 (Le bâton qui réveille les morts)
Kexue guairen de qixiang 科学怪人的奇想 (La pensée extraordinaire de Frankenstein)
Dong xia he dong ren 冻虾和冻人 (La crevette gelée et l’homme gelé)
Renzao penti 人造喷嚏 (L’éternuement artificiel)

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