Wang Jinkang

Wang Jinkang 王晋康 (1948-), auteur chinois, ingénieur et plusieurs fois lauréat du prix Yinhe, est indubitablement la figure la plus dominante du genre en Chine, inexplicablement éclipsé en traduction, aussi bien par ses prédécesseurs que par ses héritiers, malgré de massives contestations parmi ses lecteurs. Diplômé du secondaire en même temps que le commencement de la Grande Révolution Culturelle en 1966, il passa plusieurs années dans une commune à la campagne, avant d’être envoyé au travail dans une fonderie de fer et une fabrique de moteurs diesel. Cette expérience l’a apparemment tenu dans une bonne position lorsque la situation politique changea, lui permettant l’accès à l’Université Jiaotong de Xi’an en 1978. Il devint par la suite un ingénieur en pétrole important dans les gisements de pétrole de Nanyang, publiant sa première histoire, Yadang huigui 亚当回归 (La régression d’Adam), qui fut publié dans le magazine Kehuan Shijie en mai 1993, à l’âge de 44 ans.

La plupart des travaux de Wang Jinkang s’articulent autour des thèmes de l’éthique ou de la biologie. Bao (Lépoard), publié en 1998 dans le magazine Kehuan Shijie, combine les deux avec l’histoire d’un athlète ayant passé un accord avec ses sponsors, concluant que leurs financements augmenteraient subséquemment s’il se qualifiait, gagnait ou battait un record. Il écrasa le record du monde de course, mais fut sujet au scandale peu après quand il fut pris en train de violer une fan. Il avait été dopé avec des gènes de léopard, ce qui le transformait de façon inattendue. De même, son Zhuansheng de juren 转生的巨人 (Le Géant qui se réincarne), publié en décembre 2005 dans Kehuan Shijie, inversa par plaisanterie les soucis évoqués dans The Bicentennial Man d’Isaac Asimov, dans lequel un excentrique millionnaire se bat pour son droit légal à continuer à être défini comme son lui originel, même si son corps a été remplacé petit à petit par la bio-ingénierie et la bionique.

Dans Qi chong waike 七重外壳 (Sept enveloppes), publié en 1997 dans Kehuan Shijie, Wang Jinkang explore le domaine de la réalité virtuelle, avec un visiteur chinois abasourdi qui expérimente sept niveaux de simulation de l’excitante vie à l’américaine. Lagelangri muchang 拉格朗日墓场 (Le tombeau de Lagrange), publié en 1997 dans Kehuan Shijie, est une allégorie d’un dépotoir d’armes nucléaires, dans lequel un séisme révèle le projet secret de se débarrasser des missiles inutilisés sous terre. Craignant des représailles mondiales pour violation d’un accord de désarmement passé précédemment, le gouvernement américain échafaude un plan pour rejeter ces armes dans l’espace, mais des terroristes entendent parler du gros lots présent sur le site isolé. Il aborde de nouveau le sujet du terrorisme dans Shizi 十字 (La Croix), dans lequel des fanatiques libèrent une arme biologique appelée « 12 septembre » qui raye de la carte la population américaine, et qui étend bien vite le désastre au monde entier.

Wang Jinkang revisite son expérience personnelle de la Révolution Culturelle dans Yi sheng 蚁生 (La Vie des fourmis), dans lequel un scientifique exilé profite de sa villégiature forcée pour parfaire un « sérum d’altruisme » qu’il a extrait des fourmis. Injecté à la population humaine, il est supposé mener à l’utopie. Cependant, dans le monde réel, les politiques provoquent l’anarchie dans cette société « idéale ». Wang Jinkang expérimente l’ultime histoire sans queue ni tête dans Yuwu tongzai 与吾同在 (Avec moi), une épopée tentaculaire narrant l’histoire de Dieu lui-même, qui se révèle être un alien se cachant depuis une éternité sur Terre, qui est amené à une fin précipitée du fait de l’arrivée très attendue de son adversaire venant de son propre monde.

Le style de ses œuvres est empreint d’une grande tristesse, au ton grave, empli de connotations philosophiques profondes, pouvant suivre de près les toutes nouvelles découvertes scientifiques du XXe siècle, notamment dans le domaine biologique. A la langue raffinée et fluide, à la structure fine, à la composition habile, installant à merveille le suspens, ses œuvres représentent un très bon mélange entre la littérature dite « sérieuse » et la littérature de masse.

Œuvres principales :

Yadang huigui 亚当回归 (1993)
Shengming zhi ge 生命之歌 (1995)
Qi chong waike 七重外壳 (1997)
Lagelangri muchang 拉格朗日墓场 (1997)
Bao 豹 (1998)
Yangfengren 养蜂人 (1999)
Zhuansheng de juren 转生的巨人 (2005)
Yi sheng 蚁生 (2007)
Shizi 十字 (2009)
Yuwu tongzai 与吾同在 (2011)

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